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Cet après-midi, je voterai contre le Projet de Loi visant à accorder le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Bien sûr, toute question sociétale est une question difficile, qui appelle bien souvent plus la passion que la raison. Les expériences personnelles de chacun et les convictions sincères sont souvent caricaturées en propos blessants et injurieux.

Au-delà de la conviction de chacun, qui ne correspond ni au traditionnel clivage droite-gauche ni à celui de réactionnaire moderne, comme les très nombreux échanges avec les habitants de ma circonscription ont pu me le faire comprendre, je souhaite relever ici les sept péchés de ce Projet de Loi.

Premier péché : l’étymologie. Le mariage pour tous ne l’est pas. Le fait que les promoteurs du mariage homosexuel ne l’appellent pas comme tel constitue un aveu flagrant : on change les mots pour rendre la réalité plus acceptable par l’opinion. Ce débat médiatique et parlementaire a finalement été révélateur d’une guerre sémantique, qui est fondée sur un constat simple : le déni du réel. Les propos des Ministres en charge du dossier, et particulièrement de Madame Dominique Bertinotti, révèlent à quel point la réalité est niée au point que les mots « famille », « parents » et « couples » ont des définitions propres à une novlangue « boboïsée », que sont loin, j’en suis sûr, de partager tous les partisans du mariage pour les couples homosexuels.

Deuxième péché : la conception de l’institution du mariage. Tout le débat a reposé sur un énorme malentendu : les couples homosexuels s’aiment, le mariage c’est l’amour entre deux personnes, donc les couples homosexuels doivent se marier. Si bien sûr, l’amour, sentiment bien difficile à définir par ailleurs, est constitutif de l’union de deux personnes, il ne peut, à lui seul, justifier l’institution qu’est le mariage. En effet, et c’est sans doute un scoop pour beaucoup de monde, beaucoup de gens s’aiment sans se marier, et il existe des couples mariés qui n’ont plus de sentiment amoureux. Le mariage, c’est l’union de deux personnes, qui garantit aux yeux de la République la stabilité de la cellule familiale où s’organise la filiation car on a considéré, il y a bien longtemps, que la stabilisation de la société passait par cette institution. Bien sûr, des expériences personnelles, sans que cela n’appelle aucun jugement moral, font que de plus en plus de personnes choisissent soit de ne pas se marier soit de se séparer. Il n’empêche que si l’amour est le seul étalon du mariage, cette institution n’en est plus une.

Troisième péché : le non recours au référendum. Quiconque a suivi la campagne présidentielle s’est rendu compte que le mariage et l’adoption par les couples homosexuels n’étaient pas les propositions principales des candidats à l’élection présidentielle. L’idée que, parce que c’était écrit dans le programme de François Hollande, cette proposition a été acceptée par les Français, est une position dangereuse pour les socialistes eux-mêmes. Je ne ferai pas d’injure à rappeler toutes les promesses bien écrites dans le programme présidentiel et non respectées… Comment accepter que, si cette réforme est une réforme de civilisation, comme le dit Madame Taubira, et qu’elle est irréversible, ce ne soit pas le peuple souverain par le référendum qui décide dans quelle société il veut évoluer ?

Quatrième péché : la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA). En évoquant plusieurs fois son souhait d’ouvrir la PMA aux couples homosexuels, le Gouvernement a ouvert la boîte de pandore de la marchandisation du corps et remplacé le désir de l’enfant par un désir d’enfant. En justifiant que la PMA existe déjà pour les couples hétérosexuels, et qu’il doit donc exister, par souci d’égalité, pour les couples homosexuels, les socialistes nient la différence fondamentale, qui consiste pour un procédé scientifique, non pas de changer la nature de la biologie, mais bien de la remplacer lorsque celle-ci est défaillante.  Comment refuser la GPA lorsque les couples homosexuels hommes diront légitimement qu’ils ne peuvent pas bénéficier, pour des raisons biologiques évidentes, de la PMA. Enfin quelle maladresse, au minimum (!), de la Garde des Sceaux, de prendre en plein débat sur ce texte une circulaire sur la GPA.

Cinquième péché : le décalage avec l’électorat. François Hollande a obtenu une majorité parmi les électeurs des classes populaires et ouvrières, qui en plus d’être hostiles à ce texte, considèrent que ce n’est pas pour cette raison qu’ils lui ont accordé leur vote.  Le vote populaire pour François Hollande a été un vote pour le changement économique, l’emploi, mais aussi pour des questions de renforcement d’effectifs de police et de politiques plus justes. Les musulmans, qui à plus de 90% selon certains sondages, ont voté pour la gauche, se sentent aujourd’hui humiliés d’avoir voté pour un Président de la République, qui n’a pour seule réforme que de permettre aux couples homosexuels de se marier et d’adopter des enfants. Seul l’électorat  « bobo » des centres villes se satisfait de ce projet. Les classes populaires, elles, se sentent flouées.

Sixième péché : l’accélération du calendrier. En avançant d’un mois le débat sur le Projet de Loi sur le mariage et l’adoption par les couples homosexuels, le Gouvernement et la majorité socialiste font preuve d’un amateurisme évident et laissent transparaître leur panique et leur fébrilité face à l’opposition croissante à ce Projet de Loi. Ils cherchent, encore une fois, à passer en force tout en reniant les droits de l’opposition et en espérant que les manifestations cesseront à la suite de l’adoption de cette réforme.  Depuis plusieurs mois, le Gouvernement est sourd aux réclamations du peuple, aujourd’hui, il souhaite le bâillonner.

Septième péché : le non-respect des opposants. Si la bataille des chiffres entre les organisateurs et la préfecture de police est un sujet récurrent lors des manifestations, personne ne peut nier que la mobilisation des opposants au mariage et à l’adoption par les couples homosexuels ne s’essouffle pas, bien au contraire. Les dizaines de manifestations nationales et régionales organisées depuis la tenue des débats au Parlement sont la preuve de l’opposition ferme d’une partie de la population à cette réforme et du clivage qu’elle crée au sein du peuple français. L’attitude de la Majorité, qui tente de faire passer les opposants pour des radicaux d’extrême droite – même si, comme dans toutes les manifestations il y a toujours des extrémistes que je condamne – est indigne et remet en cause le principe, pourtant si cher aux socialistes, du droit à manifester.

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